Votre meilleur(e) ami(e) vous annonce qu’il/elle a décidé de perdre du poids. Ou c’est votre partenaire, votre frère, votre collègue. Et vous voulez l’aider…mais vous ne savez pas trop quoi dire, quoi faire, jusqu’où aller. Et surtout, vous avez peur de mal faire.

C’est une peur légitime. Parce que mal soutenir quelqu’un dans ce genre de démarche, ça peut faire plus de dégâts que de ne rien faire du tout.
Voici quelques conseils pour faire ça bien et aider pour de vrai ! 

 

Pourquoi le soutien de l’entourage change tout

Les étudezs le confirment : les personnes qui bénéficient d’un soutien social actif ont significativement plus de chances de tenir dans la durée. Une revue publiée dans Obesity Science & Practice (2024) montre que le soutien de l’entourage est associé à de meilleurs résultats sur le poids, l’activité physique et la régulation alimentaires, même dans des contextes médicaux lourds.

Une autre étude, française cette fois (Gallin, Balbo & Lichtlé, 2024), a analysé des communautés en ligne de perte de poids et conclu que le soutien social agit sur la motivation en renforçant l’auto-efficacité, c’est-à-dire la croyance de la personne en sa propre capacité à changer. Autrement dit : quand quelqu’un vous croit capable, vous commencez à y croire vous-même.

Mais attention, tout soutien ne se vaut pas. Un mauvais mot au mauvais moment peut avoir l’effet inverse, et c’est parfois compliqu

Ce qu’il ne faut surtout pas faire

Faire des commentaires sur l’aspect physique / le corps de ton.ta proche 

« Tu as l’air d’avoir maigri ! » ça semble positif, non ? En réalité, pointer le corps (en bien comme en mal) ramène la personne à son apparence physique alors que le focus doit être sur la santé, le bien-être, la confiance en soi. Les progrès visuels font plaisir, pour sûr, mais ils sont beaucoup moins tangibles et importants que le reste ! 
Et si une semaine difficile a fait stagner la balance ? Ce commentaire peut devenir une source d’anxiété qui se rumine. 
Même règle pour les observations négatives, évidemment.
On s’abstient de tout commentaire directement lié au poids, de manière générale – on peut féliciter discrètement par contre si de nouveaux muscles se dessinent, surtout s’ils sont la conséquence d’une présence assidue à la salle. 

Donner des conseils non sollicités

« Tu devrais essayer le jeûne intermittent. » « Moi j’ai lu que le sans-gluten… » « T’as vu ce régime dont tout le monde parle ? »
Votre proche a probablement déjà une approche. Lui envoyer des conseils en rafale, c’est lui signifier implicitement que ce qu’il/elle fait n’est pas bien. La règle d’or : pas de conseils non-sollicités, on ne donne pas son avis si on ne nous pose pas de questions !

La seule situation ou l’on peut dire quelque chose, c’est si notre proche mentionne des comportements dangereux : les jeûnes persistants, une mono-diète, des restrictions abusives etc. On montre son inquiétude et on partage des méthodes plus douces – qui ont plus de chance de montrer des résultats sur le long terme ! 

Exercer une pression déguisée en encouragement

« Allez, un peu de volonté ! » ou « C’est pas si difficile » sont des phrases qui semblent motivantes mais qui culpabilisent. Elles suggèrent que si ça ne marche pas, c’est un problème de caractère.
Ce n’est pas ce dont quelqu’un a besoin quand il traverse une période difficile.
Perdre du poids, changer des habitudes, C’EST difficile. Sinon ce ne serait pas un challenge pour autant de gens.

Saboter (même inconsciemment)

« C’est juste pour une fois », « un petit écart ça ne compte pas », « tu mérites bien ça »… Ce genre de phrases (souvent dites avec affection- met la personne en position impossible : il/elle doit soit céder (et se sentir mal après), soit résister à votre insistance (et se sentir coupable de vous décevoir).
Dans les deux cas, c’est lui/elle qui perd. On n’incite pas à la consommation de quoi que ce soit, et on laisse la personne faire ses propres choix. 

Rappeler les tentatives passées

« Ouais mais tu avais déjà essayé et ça n’avait pas marché… » inutile de préciser que c’est dévastateur. Il/elle le sait. Chaque nouvelle tentative mérite d’être traitée comme un nouveau départ.

 

Les mots qui aident vs les mots qui blessent

À éviterÀ préférer
« Tu devrais / tu dois… »« Qu’est-ce qui te ferait plaisir ? »
« T’as encore mangé ça ? »« C’était comment, ta semaine ? »
« Allez, un effort ! »« Je suis fier(e) de toi pour ce que tu fais »
« Tu n’as pas l’air d’avoir maigri… »Rien. Ou parler d’autre chose.
« Juste une fois, ça ne compte pas »« Tu veux qu’on trouve autre chose pour ce soir ? »
« C’est si difficile que ça ? »« C’est courageux de s’y tenir »

La règle simple : parlez de comportements, pas de corps. Parlez d’efforts, pas de résultats. Et posez des questions plutôt que d’affirmer.

Ce que vous pouvez faire concrètement

1. Ajuster vos habitudes partagées

Vous n’avez pas à changer votre vie. Mais quelques petits ajustements font une différence réelle : proposer des restos qui ont des options sympas pour tout le monde, ne pas insister pour commander une bouteille de vin s’il/elle n’en veut pas, prévoir des activités qui ne tournent pas autour de la nourriture.
Ca ne vous prive de rien, en vrai de vrai, et vous rendez un service discret qui sera surement très apprécié. 

2. Proposer des petits points d' »accountability » (si votre proche le souhaite)

« L’accountability » (le fait d’être redevable à quelqu’un, un mot qui se traduit mal en Français) est un des leviers les plus puissants pour tenir dans le temps. Mais ça doit être demandé, pas imposé.

Si votre proche le souhaite, vous pouvez proposer un check-in hebdomadaire léger : pas « t’as perdu combien ? », mais « c’était comment cette semaine ? T’as réussi à faire le truc que tu voulais essayer ? » Des questions sincères, qui ouvrent à la discussion mais surtout à l’introspection de votre proche. Vous pouvez aussi proposer de noter ensemble un ou deux objectifs simples pour la semaine et d’en reparler sept jours plus tard. 

C’est un des piliers de mon programme « Mieux, Maintenant », avec des catch-ups toutes les semaines, pour pouvoir avancer et répondre aux doutes et questions, mais aussi soutenir et encourager à rester sur de bons rails ! 

3. Célébrer les petites victoires (vraiment)

Avoir tenu ses habitudes sportives deux semaines d’affilée. Avoir résisté à l’impulsion de commander à 23h. Avoir essayé une nouvelle recette. Avoir dit non à quelque chose qui lui aurait fait du mal.

Ces micro-victoires ne pèsent rien sur la balance mais elles comptent énormément dans la construction d’une nouvelle identité. Soulignez-les. « Sérieusement, tu tiens depuis un mois , c’est pas rien » peut faire plus que dix séances de coaching.

Par contre : célébrez les comportements, pas les kilos. « T’as perdu 3 kilos ! » met toute la valeur sur un chiffre. « T’as vraiment changé tes habitudes ces dernières semaines » met la valeur sur la personne.

4. L’accompagner, pas le/la surveiller

Proposer de faire une marche ensemble. Essayer un cours de sport que vous n’avez jamais testé. Cuisiner une recette saine avec lui/elle un soir. On invite sans forcer ! 

La nuance est importante : vous l’accompagnez dans quelque chose qu’il/elle fait pour lui/elle, pas vous intégrez dans sa démarche pour le/la contrôler.

aider proche perte de poids 2

5. Envoyer des ressources (avec discernement)

Un article pertinent, une recette qui correspond à ce qu’il/elle cherche, un podcast qu’il/elle pourrait aimer, ça peut aider à garder ou à remettre quelqu’un sur la bonne voie. Mais limitez-vous à ce qui correspond vraiment à ce qu’il/elle vous a dit chercher. Bombarder quelqu’un de contenus généralistes sur la perte de poids donne l’impression qu’on y pense à sa place en permanence, ce qui peut devenir pesant.

Une règle : envoyez une chose, pas cinq. Et avec un mot simple du genre « j’ai pensé à toi en lisant ça », pas un mode d’emploi.

Et si votre proche traverse une période difficile ?

Stagnation, rechute, découragement… ça fait partie du chemin. C’est là que le soutien compte le plus, et c’est là qu’on a le plus tendance à dire la mauvaise chose.

Ce dont il/elle a besoin en ce moment : être entendu(e), pas recadré(e).

« C’est nul, je comprends que tu sois frustré(e) » vaut mieux que « mais t’as fait quoi comme erreur ? ». Vous pouvez lui rappeler le chemin déjà parcouru, pour qu’il/elle ne perde pas de vue que quelque chose s’est construit. Et si votre proche veut analyser ce qui n’a pas marché, il/elle vous le dira.

En résumé : votre rôle n’est pas de le/la faire maigrir

C’est son chemin, pas le vôtre. Votre rôle est de rendre ce chemin un peu moins solitaire en adaptant quelques comportements, en posant les bonnes questions, en célébrant ce qui mérite d’être célébré, et en sachant vous taire quand c’est ce dont il/elle a besoin.

Le meilleur soutien, c’est une présence bienveillante et une épaule prête à recevoir !

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